Allusion aux manifestations du stress, le titre joue également du double sens attribué au terme familier « cramé » qui se réfère aux effets des drogues et aux techniques du feu développées par l’artiste. Anita Molinero, nourrie des idées contestataires et populaires des années soixante-dix incarnées par le mouvement Punk, produit depuis trente ans une œuvre sculptée privilégiant l’énergie du geste et l’improvisation. Elle développe néanmoins un langage artistique propre, libre de toute influence.

Avec pour seuls  instruments, le chalumeau et le kärcher qui permet d’arrêter l’action de la chaleur, l’artiste engage une lutte avec  les éléments hétéroclites du quotidien et attaque au lance flamme containers, poubelles, boîtes, jouets ou phares de voitures. Sous l’action des hautes températures, les éléments se transforment et génèrent des formes variées. Bulles et boursouflures, béances et dentelles, effets de cristallisation et « caramélisation » apparaissent sur les surfaces vivement colorées. Cette maîtrise de la matière en fusion qui exige précision du geste et concentration rappelle certaines pratiques traditionnelles des « arts du feu ».

Anita Molinero opère ici un renversement en ramenant des matériaux dérivés de la pétrochimie à leurs composants originels par des procédés de transformation évoquant une action alchimique ou volcanique. Ainsi, Hérissé et cramé  fait surgir des figures expressives et un décor naturel  donnant l’illusion des grands espaces désertiques du Far West.

Du 5 juillet au 28 septembre 2014,  un ensemble d’œuvres de l’artiste acquis par le musée sera présenté parallèlement dans les collections permanentes.