Bernard Buffet (1928-1999) est le peintre le plus accompli d’une génération d’artistes apparue après la guerre, en 1945, et qui, renonçant à l’abstraction, met en scène un univers désenchanté. Décors frustres, personnages solitaires, absence de couleurs vives, dessin où prédominent la ligne droite et l’angle aigu : d’emblée, Bernard Buet adopte un style qui lui est propre. Il emprunte ses thèmes à la tradition la plus classique et inscrit délibérément sa peinture dans une forme académique, celle du nu, du bouquet de -eurs, de la nature morte. Dès 1947-1948, il représente des scènes de la vie quotidienne et des motifs d’art populaire. Mais le traitement austère de ces thèmes leur donne une froideur qui semble être en accord avec les inquiétudes et les di cultés du temps. Ainsi le tableau des Trois nus, rappelant par ailleurs les Poseuses de Georges Seurat, exprime une tristesse et une mélancolie qui seront longtemps la marque de l’artiste. La collection du musée d’Art moderne a récemment été enrichie du don de trois oeuvres monumentales par Virginie, Danielle et Nicolas Buet, ainsi que du don d’une imposante peinture, Les Oiseaux, le rapace (1959) par Ida et Maurice Garnier. Cette dernière évoque par le biais d’un oiseau l’érotisme et la sourance inhérente au désir amoureux. Dans Les Plages, le parasol, qui date de 1967, les personnages et les objets cernés de noir ont gardé le caractère linéaire des oeuvres des années 1950. Cependant, la palette est plus claire et les attitudes variées des personnages ne sont pas exemptes d’humour ni de légèreté. Les Folles, femmes au salon appartiennent à une autre série. Pour le rythme de leur construction et leurs couleurs « ensorcelantes », elles comptent parmi les plus originales de l’artiste. Enfin, la Mort 5 fait partie de l’oeuvre ultime de Bernard Buet : le squelette partiellement pourvu de chair et d’organes, les costumes, les attributs allégoriques, les attitudes référentielles sont les derniers témoignages d’un retour à l’histoire de la peinture.
11 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Standard : 01 53 67 40 00
Service culturel: 01 53 67 40 80
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (fermeture des caisses à 17h15)
Nocturne, pour les expositions temporaires, le jeudi jusqu'à 22h (fermeture des caisses à 21h15).
Collections permanentes gratuites
Fermeture les jours fériés.
Métro Alma-Marceau ou Iéna
RER C Pont de l'Alma
Bus 32, 42, 63, 72, 80, 92
Station Vélib' 2 rue Marceau