Après l’exposition d’Inci Eviner déjà organisée par SAM Art Projects en 2011, Eko Nugroho investit une salle des collections permanentes du musée en couvrant de peintures murales le sol, les murs et le plafond. Il y présente également une vingtaine de toiles réalisées lors de son séjour à Paris, personnages hybrides entre monstres et teenagers, portant autour d’eux un regard inquiet et ironique. Ces toiles alternent avec d’imposantes broderies, technique traditionnelle détournée par l’artiste, des sculptures de personnages qui semblent issus de la science-fiction et un film d’animation aussi ludique qu’inquiétant.

Eko Nugroho sillonne Paris comme il sillonne Yogyakarta, la capitale culturelle de l’île de Java où il vit. Il capte le bruit et la fureur de la rue, les jeux de regard, d’identité, les attitudes. Il traduit ces flux dans ses dessins et motifs qui envahissent l‘espace. Tous les moyens de création sont bons pour traduire ces mixages entre Indonésie et Occident, culture de rue et monde de l’art, enjeux politiques et réflexions intimes. Bien que formé à l’Indonesian Art Institut et présenté dans des galeries et musées, son travail est profondément ancré dans l’univers urbain.

Depuis dix ans, Il édite la revue de bande dessinée Daging Tumbuh ouverte aux artistes de tous bords, dirige une entreprise de vêtements qu’il customise et fait réaliser par les laissés-pour compte de son quartier, dans une Indonésie qui peine à trouver une stabilité économique. Eko travaille in situ, collabore avec les communautés locales, occupe toutes les surfaces qui lui sont confiées, de la façade de la Sucrière lors de la Biennale de Lyon en 2009 à l’espace Louis Vuitton l’été dernier.

L’exposition fera l’objet d’une publication par SAM Art Projects et les éditions VVZ qui paraitra en février 2012.

En partenariat avec le Salon du Dessin Contemporain / Drawing Now.