Cette œuvre rare de l’artiste italien a pu être acquise grâce à une combinaison de fonds publics et privés : budget d’acquisition alloué par la Ville de Paris, complété par un important apport des Amis du Musée d’Art moderne et de leur Comité International, auxquels s’ajoute une contribution exceptionnelle du fonds du patrimoine accordé par le Ministère de la Culture et de la Communication.

La grande rétrospective que le Musée d’Art moderne a consacré en 2014 à cet artiste majeur du XXe siècle a permis de replacer ses toiles fendues et trouées emblématiques dans l’ensemble de son œuvre et de mettre en lumière sa carrière de sculpteur.

Après une première formation académique, Fontana rejette la tradition de la sculpture taillée exaltée par son maître Adolfo Wildt au profit du modelage pour ses qualités tactiles et  expressionnistes. Il participe à l’aventure abstraite autour de la Galleria del Milione, puis se tourne, dès le milieu des années 1930, vers une figuration gestuelle et informelle grâce à la céramique. Ce sera le médium privilégié de sa sculpture qu’il pratique dans l’atelier du céramiste futuriste Tullio Mazzotti à Albisola.

L’œuvre Conchiglie (Mare) - [Coquillages (Mer)], réalisée en 1935-36, fait partie de ces premières expériences. On y retrouve le répertoire typique de la production céramique de Fontana des années 1930 en écho à l’environnement balnéaire de la ville d’Albisola : coquillages, moules, crabes, poulpes, poissons, etc. Cette pièce est caractéristique de la série par sa surface ébauchée et la terre cuite brute. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le poète et critique italien Raffaele Carrieri a parlé, au sujet des céramiques de Fontana, de « majoliques géologiques ». C’est en 1960 que Fontana décide de présenter pour la première fois au public Conchiglie (Mare) dont l’aspect terreux et proliférant en fait une œuvre précurseur de l’art informel qui apparaîtra au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.