Nuit des Musées 2026 | Nuit Blanche des Fauves — Nuit de Baekman (白蠻) Événement / Nuit des musées
3h00
- Publics
- Adultes
- Enfants / Ados
- Famille
- Admission
- Entrée libre*
- *dans la limite des places disponibles
- Without reservation
- Address
- Collections permanentes du musée
- Hours
- The :
Saturday 23 May 2026 from 19h30 to 22h30
À l’occasion de la Nuit européenne des Musées 2026, Eun-Me Ahn présente Nuit Blanche des Fauves — Nuit de Baekman (白蠻), dans le cadre du « Focus Corée », au Musée d’Art Moderne de Paris. Ce programme est organisé à l’occasion du 140e anniversaire des relations diplomatiques entre la Corée et la France.
La performance débute dans la Salle Matisse, qui accueille les installations permanentes La Danse inachevée et La Danse de Paris d’Henri Matisse, ainsi que Mur de peintures de Daniel Buren. Dans cet espace où dialoguent l’inachèvement de Matisse et la critique institutionnelle de Buren, Eun-Me Ahn déploie une performance en deux parties.
Le terme « Baekman » (白蠻) du titre renvoie au Baekman Yanghwahoe (白蠻洋畫會), collectif fondé en 1930. Selon le peintre abstrait coréen Kim Byungki, figure de la première génération de l’abstraction en Corée, « 白 » signifie « blanc » et « 蠻 » « barbare » : une formulation qui détourne et réapproprie le signifiant du « fauve » du fauvisme dans le contexte linguistique de la Corée coloniale. Matisse occupant une place centrale dans l’histoire du fauvisme, faire résonner à nouveau le nom « Baekman » devant La Danse revient à rejouer, dans le Paris de 2026, le geste par lequel les artistes coréens des années 1930 se sont appropriés le modernisme européen pour en faire leur propre langage.
L’« Encounterface », notion développée par Eun-Me Ahn, ne désigne pas une structure produisant une rencontre prédéterminée, mais un dispositif qui crée les conditions d’apparition de relations imprévisibles. Cette performance parisienne fonctionne elle aussi comme une « Situational Encounterface », où public, musée, œuvre et corps se traversent mutuellement et se transforment
Première partie — Mille Rondes
La première partie se déploie dans l’ensemble du musée. Les participants du 1 Minute 59 Seconds Project d’Eun-Me Ahn commencent à tourner seuls dans les espaces d’exposition ; peu à peu, cette rotation s’étend à deux, trois, puis à une multitude de corps. Les visiteurs sont guidés et invités à entrer dans la ronde, jusqu’à ce que les mouvements individuels convergent en une immense danse circulaire.
Les mémoires des danses collectives — le Ganggangsullae coréen, la hora d’Europe de l’Est, la sardana catalane ou encore la choreia de la Grèce antique — se superposent au cœur du Musée d’Art Moderne de Paris. Le musée cesse alors d’être un lieu de contemplation pour devenir un espace de participation ; le visiteur se transforme de spectateur en œuvre elle-même.
Le groupe réuni dans cette ronde se dirige ensuite vers le bassin situé à l’extérieur du musée. Une brume rose s’élève dans le ciel tandis que les participants se rassemblent autour de la fontaine et lancent un cri convenu. Pour Eun-Me Ahn, cette brume rose agit comme un dispositif de projection des « histoires qui ne sont jamais devenues Histoire » dans le ciel d’aujourd’hui.
Les participants retournent ensuite dans la Salle Matisse, là même où était posée la question : « Qu’est-ce que la danse ? »
Deuxième partie — La Masse
En français, le mot « masse » désigne à la fois une matière compacte et une foule. Là où, dans la première partie, la masse humaine se constituait en ronde, ce mouvement converge ici vers une seule et même masse.
Devant La Danse inachevée de Matisse, Eun-Me Ahn trace une ligne sur le sol du musée à l’aide d’une craie fixée à l’extrémité d’un long bâton. Guidé par ces points, ces lignes et ces surfaces, le public se déplace vers la Salle Albert Amon. S’y déploient les peintures murales de Robert Delaunay, Albert Gleizes et Sonia Delaunay, dont les cercles concentriques et les aplats de couleur évoquent eux aussi le mouvement de la ronde.
Un sol de danse jaune recouvre alors l’espace de la salle, sur lequel est répandue de la farine blanche. Eun-Me Ahn marche, s’arrête, se roule dans la farine, laissant puis effaçant sans cesse ses propres traces. Des formes apparaissent sans se fixer ; des gestes surgissent puis disparaissent aussitôt.
Peu à peu, un liquide bleu se forme sur les traces laissées dans la farine. Le sol jaune, le costume blanc et le liquide bleu arrachent à nouveau les couleurs de Matisse au mur pour les faire circuler dans l’air, sur le sol et à travers le mouvement du corps. Ce que la brume rose de la première partie avait appelé dans les airs, le liquide bleu de la seconde le condense au sol.
À la fin de la performance, la farine, le pigment et la sueur d’Eun-Me Ahn se fondent en une unique masse bleue. Toutes les trajectoires dispersées convergent en une seule matière-forme, et l’image fixe de la peinture murale retourne à un mélange de farine, de pigment et de sueur.
Par son propre corps, Eun-Me Ahn réécrit la danse circulaire de Matisse en la renversant, faisant apparaître au centre d’une ère nouvelle les corps ordinaires, les corps non ordinaires et les corps anonymes de celles et ceux qui n’avaient jamais été invités dans cette ronde.
≪ Nuit Blanche des Fauves — Nuit de Baekman (白蠻) ≫ ne présente pas une œuvre : la performance produit un événement. Au sein de cet événement — façonné collectivement par la couleur, la farine, la brume, le souffle et les corps — la couleur surgit, les corps se transforment et les relations se dispersent. La danse recommence. Dans un autre corps, dans une autre couleur, dans un autre air.
Cet événement a été conçu en collaboration avec le Centre Culturel Coréen.
Équipe Artistique et Production
• Direction artistique : Eun-Me Ahn
• Méta-dramaturgie : Geun-jun Chungwoo-Michael Lim
• Performeurs-médiateurs : Eun-Me Ahn, Hyekyung Kim, Jaeyun Lee, participants de 1’59
• Musique et design sonore : Young-gyu Jang
• Responsable de production : Sungbin Kim
• Coordination et accompagnement artistique : Clint Lutes
• Agent international : GADJA Production – Jean-Marie Chabot
Découvrez le programme complet
Les expositions temporaires ne seront pas accessibles lors de la Nuit des Musées.