Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Hubert Duprat

Pour la première fois en France, l’oeuvre d’Hubert Duprat fait l’objet d’une rétrospective majeure au Musée d’Art moderne de Paris. À travers divers ensembles, photographiques, sculpturaux et la réactivation d’oeuvres in situ, l’exposition retrace l’itinéraire de cet artiste français, né en 1957 et qui depuis plus de trente ans développe sa pratique à la manière d’un chercheur, plus doué pour la traque que pour la capture selon ses propres mots.

L’exposition rend compte des lignes de force d’une création aussi ouverte que rhizomatique qui fédère le monumental et la miniature, les lignes épurées et une virtuosité maniériste.
Riche, exigeante et complexe, l’oeuvre d’Hubert Duprat s’enrichit aussi du hasard et de l’empirisme. Inspirée par la découverte d’objets, de vestiges ou de textes, elle conjugue une mise à l’épreuve des matières, des techniques et des gestes.

L’artiste puise indifféremment dans la nature ou dans la manufacture des étrangetés minérales (pyrite, calcite, ulexite..), des espèces inclassables (ambre, corail..) ou des matériaux industriels courants (polystyrène, béton, paraffine, pâte à modeler…). Les procédés, déplacés de leur domaine d’origine, proviennent en grande partie de l’artisanat comme la marqueterie, l’orfèvrerie, la tapisserie d’ameublement, mais également des arts populaires à l’exemple du string art.

La recherche d’Hubert Duprat porte sur la culture matérielle. Sa créations’appuie sur des artefacts, des objets de savoir issus de domaines aussi divers que les premières industries lithiques, les ruines-antiques, le religieux ou le décoratif des XVIème et XVIIème siècles. Montrant l’ampleur d’une prospection anthropologique, l’exposition questionne ces objets qui font monde.

L’atelier est un point d’origine dans la production de l’artiste. Il a donné lieu au début des années quatre-vingt à de multiples spéculations qui ont emprunté successivement la forme de camera obscura, de panneaux teintés et marquetés et de reconstitutions en béton adoptant un point de vue. Peu montrés depuis leur création, ces travaux occuperont une place centrale dans l’exposition. Défiant les lois de l’apesanteur, une structure en béton reprenant les plans d’un atelier antérieur, viendra s’emboîter dans l’architecture du musée.

L’activité des larves de Trichoptères inspire à Hubert Duprat dès ses débuts une oeuvre fondatrice. Observant les modes de construction de l’insecte qui bâtit un cocon avec des éléments prélevés dans son milieu aquatique, l’artiste pourvoit l’animal de paillettes d’or et de perles et lui délègue l’exécution d’étuis délicats. Un aquarium abritera quelques spécimens, permettant une parfaite observation «in vivo» de leur savoir-faire.
L’ensemble intitulé Miroir du Trichoptère / The Caddisfly’s Mirror, fruit d’une recherche de près de trente ans et constitué de deux mille ouvrages, de gravures, de photographies, d’objets et de films prendra place dans un espace dédié au sein des collections permanentes.

Ainsi le Musée d’Art Moderne de Paris propose avec cette exposition une vision synthétique d’une oeuvre au long cours. Une production qui se déploie dans la durée, à distance des mouvements et des classifications et prend tout son sens dans l’exploration et la quête.

Une publication accompagne l’exposition. Elle réunit de nombreuses contributions de critiques et d’écrivains parmi lesquels, Patricia Falguières, Pierre Senges, Roland Recht, Anna Gritz, Nicole Caligaris, ou Martin Herbert. Largement illustré, cet ouvrage de référence propose une synthèse de la production de l’artiste associant reportage photographique de l’exposition et images inédites d’archives.

Commissaire : Jessica Castex

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