Jacques Grinberg est né en 1941 à Sofia en Bulgarie et mort à Paris en 2011. Après une adolescence en Israël et des études à l’Avni Art Institute de Tel Aviv, il emménage en 1962 à Paris dans une colonie d’artistes et commence à fréquenter Montparnasse. Dès le début, il se fait remarquer non seulement par la maîtrise de son expression picturale mais aussi par son langage virulent et engagé.

Précurseur de la Nouvelle Figuration et promoteur d’une approche figurative renouvelée, il peint des œuvres au langage politique, violent, anti-bourgeois et antimilitariste qui dénoncent la censure, l’oppression mais aussi la solitude ou l’enfermement. Jacques Grinberg, contrairement à la génération précédente traumatisée par la Seconde Guerre mondiale, a voulu se confronter directement aux blessures, aux corps mutilés et écorchés, et a entrepris de protester, parfois avec agressivité, par l’art contre les horreurs de la guerre, les fascismes d’hier et d’aujourd’hui, les causes de l’aliénation de l’homme. Sa peinture ne sera jamais apaisée : les rapports de force se donnent à voir aussi bien dans les lignes, la gestuelle, l’expressionnisme, le choix des couleurs que dans les symboles qu’ils proviennent de la kabbale ou de l’ésotérisme.

À ses débuts, il est représenté par la galerie parisienne A.Schoeller (1963-1970) puis par la galerie l’Œil de Bœuf (1988-1994) et il expose dans plusieurs galeries en France et en Europe. Il participe à des Salons (Salon de Mai, Salon de la jeune peinture, Grands et Jeunes d’aujourd’hui) qui se tiennent au musée d’Art moderne. Il restera cependant toujours à l’écart des mouvements ou même du milieu de l’art préférant s’isoler pour peindre. Son œuvre est considérable tant par son volume, puisqu’il peint des milliers de peintures et dessins, que par sa diversité, sa peinture n’ayant cessé d’évoluer sur 52 années. Ses voyages (Mexique, Grèce, Angleterre) et ses aller-retours en Israël constituent des sources d’inspiration de son œuvre qui est également imprégnée de ses recueils d’écrits restés inédits.

L’œuvre de Jacques Grinberg a été récemment exposée en 2012 à la Cité internationale des Arts de Paris, en 2015 au Musée d’art de Ein Harod en Israël, et en 2016 à la Maison des Arts de Châtillon.

Commissaire : Odile Burluraux