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Seconde main

/ 25 mars - 24 octobre 2010 /

À travers une sélection d' « œuvres sosies » réalisées entre les années 1960 et aujourd'hui, Seconde main infiltre les collections permanentes du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris / ARC.

Seconde main revisite l’accrochage en explorant le principe de copie, de reprise, d’appropriation ou d’imitation pour en montrer la diversité et l’originalité. Elle propose un regard nouveau sur le principe d’une « seconde » signature et du « fait main ».

Mike Bidlo, Not Picasso (Girl with cock, 1938), 1987, Courtesy Galerie Andrea Caratsch, Zurich
Eric Doeringer, Keith Haring, 2001, Courtesy de l’artiste et {CTS} Creative Thriftshop
Mike Bidlo, Not Warhol (Brillo Boxes, 1970), 1991 - Courtesy Gallery Caratsch, Zurich
Eric Doeringer, Damien Hirst, 2006 - Courtesy de l’artiste et {CTS} Creative Thriftshop
Yang Zhenzhong, Cindy Sherman, 2004 - Courtesy Shangh’art, CC GalleryShanghai
Image prédécente
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L’exposition explore une problématique inhérente à l’histoire de l’art : la reprise en tant que base de l'apprentissage artistique, mais aussi constante de la création artistique. Dans les années 1960, différents artistes ont remis en cause les notions d’auteur et d’originalité au sein d’une économie de production de masse. Ils créèrent des œuvres identiques aux originales, mais dans une démarche conceptuelle que le postmodernisme incarnera dans les années 1980, avec les appropriationistes notamment.

Seconde main osera dans le musée la confrontation physique de ces "reproductions" aux côtés de leurs originaux. L'œuvre sosie pourra aussi représenter un original parfois absent des collections. Cet accrochage sera enfin l’occasion de souligner, en les problématisant visuellement, les différences de ces approches, en apparence seulement similaires. En effet, nombreux sont ceux qui ont reproduit et réinterprété les mêmes artistes tels Duchamp ou Warhol sans pour autant que leurs œuvres soient identiques dans le fond.

Ces travaux trouvent de nouveaux échos chez les artistes d’aujourd’hui, dans un marché de l’art mondialisé où les copies sont parfois réalisées en Chine, où les artistes délèguent souvent la confection de leurs œuvres à des artisans. Il reste que différentes stratégies d'originalité (à la différence du faussaire) se décèlent dans le choix de l'œuvre, de son titre, du médium retenu, de la présence ou non de signatures, différenciant formellement une copie d'une autre. Cela favorise ainsi l'émergence d'un second 'je', d’un “auteur ”, progressivement reconnu et identifié au sein de l'histoire de l'art.

Le parcours ludique proposé par Seconde main propose ainsi de déjouer les attentes et les habitudes du public en terme d'attribution, d'ordre chronologique et de rapports de filiation. Il incite le visiteur à porter un regard critique sur ce qu’il voit et associe des générations différentes d'artistes comme autant d’anachronismes voilés. Les œuvres des collections sont confrontées avec des œuvres « anciennement attribuées » sorties des réserves pour l’occasion, et d’autres spécialement empruntées pour Seconde main.

Si originalité et copie peuvent coexister en troublant les cartes et les identités, ces artistes sont souvent motivés par des mobiles différents. Cette pratique peut être ponctuelle ou régulière, subtile ou évidente. Qu'il s'agisse de contrer la linéarité de l'histoire de l'art officielle occidentale ou d'ébranler son fonctionnement parfois aveugle ou amnésique, les postures peuvent être lues comme des prises de positions philosophiques et politiques (contre l'hégémonie masculine du milieu de l'art ou comme critique du mécanisme du marché basé sur la signature par exemple).

L’exposition entame ainsi une réflexion sur l’histoire d’une collection et ses manques, sur l’idée fantasmée d’un ensemble « complet », idéal, révélant les aléas des attributions et de l’authenticité. Elle propose l’écriture d’une histoire de l’art alternative. Provoquant nos critères de jugement et de valeurs, créant un effet de surprise, ce jeu de piste engage le visiteur dans un travail réflexif volontairement confondant visant à déconstruire l’idée d’une « pâle copie ». Seconde main sera l’occasion de questionner un sujet et une réalité parmi les plus tabous et fascinants de l’histoire de l’art : la copie, et dans une certaine mesure, la question du faux et de la contrefaçon.

Artistes présentés
Mathieu Klebeye Abonnenc, Saâdane Afif, Art & Language, Olivier Babin, Fayçal Baghriche, Richard Baquié, Mike Bidlo, Karina Bisch, Pierre Bismuth, Glenn Brown, Maurizio Cattelan, Nicolas Chardon, Braco Dimitrijevic, Eric Doeringer, Michael Elmgreen & Ingar Dragset, Elmyr De Hory, Jean-Olivier Hucleux, General Idea, Pascal Goblot, Bertrand Lavier, Lefevre Jean Claude, Pierre Leguillon, Guillaume Leingre, Thomas Lélu & Jean-Max Colard, Alexandre Lenoir, Real Lessard, Sherrie Levine, Kasimir Malevitch, Sophie Matisse, Gabriele Di Matteo, Philippe Mayaux, Mathieu Mercier, Jonathan Monk, Olivier Mosset, Simon Nicaise, Hugo Pernet, Richard Pettibone, André Raffray, Clément Rodzielski, Tom Sachs, Yann Sérandour, Reena Spaulings, Claire Fontaine & Bernadette Corporation, Sturtevant, Ernest T., Philip Taaffe, Mario Garcia Torres, Gavin Turk, Yang Zhenzhong, Raphaël Zarka, Zheng Guogu.

Publication
Le guide bilingue de l'exposition sera disponible gratuitement dans les collections et téléchargeable sur le site du musée (design : Sandberg&Timonen).

Directeur
Fabrice Hergott

Commissaire de l’exposition
Anne Dressen
avec la collaboration de Sébastien Gokalp et l’assistance de Olivia Gaultier

Soirée Seconde main

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HORAIRES
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

Entrée libre



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