Le choix des acquisitions est établi avec la complicité de Fabrice Hergott, directeur du musée, d'Alexis Fabry, Président du comité et d'Emmanuelle de l'Ecotais, chargée de la collection de photographies du musée. Artistes français et étrangers seront représentés à part égale chaque année.

Exposé jusqu’au 12 avril 2015, le choix du comité s'est porté sur Eric Poitevin, Walid Raad, Malik Sidibé, ainsi que le fonds d'atelier du photographe Rémy Duval (1907-1984). 

ERIC POITEVIN
Depuis ses débuts, Éric Poitevin revisite les grands genres de la peinture classique: le paysage, la nature morte, le portrait, le nu. Qu’il s’agisse d’êtres humains, d’animaux trouvés morts ou de végétaux prélevés dans son environnement proche, l’artiste opère selon une démarche rigoureuse et immuable: un cadrage serré et frontal, une lumière naturelle diffuse combinée à l’usage systématique d’un fond monochrome. Aucun indice ne permet de localiser ou dater ses images, dans lesquelles le temps semble suspendu.  Aucune légende ne vient interférer leur lecture, de sorte qu’elles semblent auréolées d’un silence respectueux,  proche du recueillement. 

WALID RAAD
Né en 1967, à Chbanieh au Liban, Walid Raad développe son œuvre autour de l’histoire tourmentée de son pays d’origine, dont il a été témoin depuis l’enfance. En collectant, modifiant et créant des photographies, des textes ainsi que des vidéos, il met en scène la question du document, en relation avec les événements qui ont secoué ce territoire. L’artiste s’applique à jeter le doute sur le mode documentaire et questionne en profondeur l’Histoire. Ses moyens d’actions se concentrent autour de procédés plastiques tels que le montage et le détournement.

MALICK SIDIBE
Malick Sidibé est né à Soloba, d'une famille peule dans un petit village du Mali. Remarqué pour ses talents de dessinateur, il est admis à l'École des Artisans Soudanais de Bamako, d'où il sort diplômé en 1955. Il fait ses premiers pas dans la photographie auprès de « Gégé la Pellicule » et ouvre le Studio Malick en 1958 dans le quartier de Bagadadji, au cœur de Bamako. Il  s'implique dans la vie culturelle et sociale de la capitale, en pleine effervescence depuis l'Indépendance. Devenue une figure incontournable très appréciée par la jeunesse, Malick Sidibé est présent dans toutes les soirées où les jeunes découvrent les danses venues d'Europe et de Cuba, s'habillent à la mode occidentale et rivalisent d'élégance. De ses reportages de proximité, Sidibé rapporte des images simples, pleines de vérité et de complicité. Une insouciance et une spontanéité, une ambiance de fête, de jeux, de rires, de vie se dégagent de ses photos.          

REMY DUVAL
Rémy Duval s’initie à la photographie dès 1924. C’est dans l’atelier de Laure Albin-Guillot (1879-1962), en 1930, qu’il apprend à réaliser des tirages tout en finesse, dans une large gamme de nuances de gris. Cette tendance pictorialiste perdure dans ses sujets de prédilection (le paysage, le nu, la nature morte), même s’il réalise des photographies dans le style de la Nouvelle Vision dès 1935, utilisant des points de vue en plongée ou contre-plongée, des gros plans et des compositions proches de l’abstraction. En 1936, Duval publie 26 Nus, et deux ans plus tard, il expose une « série de roses » à la galerie Montaigne.