En 1930, Henri Matisse, âgé de 61 ans, rencontre le Dr Albert Barnes, un milliardaire américain passionné d’art moderne. Ce dernier est à l’origine d’une impressionnante collection : la Fondation Barnes à Merion, près de Philadelphie. Grand admirateur de Matisse, Barnes lui commande une décoration murale pour orner la salle principale de son établissement, en le laissant libre d’en choisir le thème. Ainsi, entre 1930 et 1933, Henri Matisse s’attelle de manière quasi exclusive à cette œuvre monumentale qui constitue, dans sa carrière, un jalon créateur de renouveau. Matisse a choisi d’exécuter une œuvre sur la danse, soit l’un de ses thèmes de prédilection depuis de nombreuses années. N’ayant jamais intégré une composition dans un cadre architectural, cette commande représente un défi pour Matisse. Il existe trois versions de La Danse, dont deux sont conservées au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Non satisfait de la première version, La Danse inachevée (1930-1931), qu’il juge trop peu décorative, Matisse entreprend alors une seconde version de La Danse, et élabore son système de papiers peints en gris, bleu, rose et noir, puis découpés. Ainsi, en déplaçant et replaçant les formes colorées à sa guise, Henri Matisse parvient à l’équilibre qui lui convient : c’est La Danse de Paris. Cependant, les dimensions de la toile ne correspondent pas à celles de l’emplacement qui doit l’accueillir. Pour y remédier, Matisse réalise une troisième version, installée en avril 1933 à la Fondation Barnes. En 1990, la Danse inachevée fut retrouvée dans l'atelier niçois de Matisse. Cette dernière et la Danse sont présentées au musée dans la salle dédiée à l’artiste.