Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Rencontre-discussion | Al río/To the River | Zoe Leonard et Anne Bertrand Événement, Conférence

Durée 1h30
Publics
Adultes
Tarifs
Entrée libre*
* dans la limite des places disponibles
Sans réservation
Adresse
Salle Matisse - Niveau 3
Cette rencontre se déroulera en anglais
Heures
Le : Jeudi 20 octobre 2022 de 19h30 à 21h00

L'artiste Zoe Leonard et la critique et historienne de l'art Anne Bertrand échangent autour la série de Al río / To the River exposée au Musée d'Art moderne de Paris jusqu'au 29 janvier 2022.

En 2016, Zoe Leonard quitte New York et part se ressourcer à Marfa (Texas). En longeant le Río Grande d’une rive à l’autre, l’artiste, appareil photo au poing, entreprend un dialogue avec le fleuve. Marqueur de la société contemporaine américaine, le fleuve frontalier est une zone de transit où se concentrent les mouvements et où s’additionnent les violences. Une immigration gravite aux abords. Aux flux des mexicains se mêlent ceux de migrants venus de pays latino-américains rejoints récemment par des haïtiens et des cubains. Ces dynamiques migratoires entraînent une surveillance pesante et une répression américaine intensifiée.  Les migrants sont victimes du durcissement de la militarisation de la frontière et des puissantes organisations des cartels de la drogue semant la terreur et tirant profit du commerce des passeurs. Le Río Grande est aussi un territoire d’activité économique intense et d’échanges commerciaux entre les deux pays. Lors de la création de la frontière, des villes jumelles émergent comme El Paso (Texas) et Ciudad Juárez (Chihuahua). Des usines de sous-traitance, appelées les Maquiladoras, exportent leur production vers les États-Unis, si elles ont favorisé les échanges entre les régions situées le long de la frontière, elles sont aussi des facteurs de forts déséquilibres sociaux. La série photographique Al río / To the River donne lieu à une lecture du paysage et à une réflexion socio-politique sur l’histoire, l’immigration, le contrôle de l’eau et des personnes, le changement climatique. Elle tient à la fois du documentaire, de la photographie traditionnelle de paysage et de la photographie plasticienne. Avec cette œuvre, Zoe Leonard s’inscrit dans les lisières et livre, à travers des indices et des signes, un état des lieux précis de la complexité du territoire frontalier.

Zoe Leonard : (née en 1961 aux États-Unis) produit depuis la fin des années quatre-vingt une oeuvre conceptuelle et engagée. Photographe autodidacte, elle privilégie dès ses débuts le support argentique noir et blanc. Frappé d’obsolescence au regard de l’essor des nouvelles technologies, l’argentique traduit chez l’artiste une forme de résistance, un travail de mémoire, et un attachement à la matérialité de l’image. Pour Zoe Leonard, le médium photographique est aussi objet d’une expérience sur le point de vue : que voit-on vraiment de là où l’on est ?

Anne Bertrand : née en 1966, est historienne de l’art et critique, écrivant notamment sur la photographie, pour la presse (art press, Trafic) ainsi que dans des monographies et catalogues d'exposition. En 2009 elle est l’auteur de Le Présent de Robert Frank (D’une certaine manière éditions, La Rochelle), en 2011 elle dirige la publication de Tacita Dean, Écrits choisis 1992-2011 (École supérieure des arts décoratifs, Strasbourg), comme en 2019 l’édition française de Lewis Baltz, Textes (Haute école des arts du Rhin, Strasbourg).
Elle a soutenu en 2018 une thèse sur les écrits et propos de Walker Evans, à l’université Paris Diderot-Paris 7, sous la direction de François Brunet (co-direction de Michel Poivert) et dirigé la publication de Walker Evans, Le Secret de la photographie (Éditions du Centre Pompidou, 2017)/The Interview (The Eakins Press, New York, 2019). En 2022 elle a contribué à l’ouvrage de Vincent Chevillon, Lisières (Pétrole éditions, Strasbourg). Elle enseigne depuis 2007 à la HEAR, Strasbourg.