+ TOUS LES MUSÉES DE LA VILLE DE PARIS

DéCOUVREZ LES 14 MUSéES DE LA VILLE DE PARIS

» Fermer

Collection / Historique

Dès ses origines, les donateurs, collectionneurs ou artistes ont constitué une source essentielle à l’enrichissement du musée. Ainsi, c’est au legs exceptionnel du docteur Maurice Girardin en 1953 (plus de cinq cents oeuvres) que l’on doit les points forts de l’actuelle collection avec un noyau de peintures fauves, un ensemble important d’oeuvres cubistes et de nombreuses oeuvres de l’École de Paris. L'apport de ce legs sera décisif et déterminera alors les autorités parisiennes à s'affranchir des cimaises devenues trop étroites du Petit Palais pour ouvrir un lieu propre au sein du Palais de Tokyo.

Legs Girardin
Le docteur Maurice Girardin (1884-1951), chirurgien dentiste de son état commence à collectionner dans les années dix. Pendant la guerre de 1914, permissionnaire, il consacre ses maigres revenus à acheter des artistes modernes dans les galeries  de la rive droite comme Druet, Bernheim, Devambez et Vollard .Sa passion de l’art le pousse à ouvrir une galerie « la galerie la Licorne (1922-1929) qu’il confie à Jane Hugard  avec pour projet d’exposer les jeunes artistes. Il aura sous contrat Marcel Gromaire (109) et  Maria Blanchard (17). Il collectionne les cubistes et les fauves :  Lhot , Derai , Matisse, Braque, Dufy, Lipchitz, Vlaminck mais aussi  Georges Rouault (109),  Soutine, Modigliani et à la fin de sa vie Bernard Buffet (13 œuvres). En 1937 il est avec Vollard le principal prêteur de l’exposition «les maîtres de l’art indépendant» au Petit Palais, organisé par  Eschollier. A sa mort, il lègue à la ville de Paris sa collection de plus de cinq cents œuvres qui aura pour conséquence l’ouverture du musée d’art moderne de la ville de Paris en 1961.

En 1954, l’Électricité de France a fait don de la grande décoration de Raoul Dufy La Fée Électricité.
Commandée pour le pavillon de la lumière et de l’électricité de l’exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne de 1937 par la Compagnie  Parisienne de distribution d’électricité qui deviendra en 1951 EDF. Après la guerre et selon le vœu de l’artiste, la société décide de donner la grande décoration en vue  de sa présentation à l’ouverture du nouveau musée. L’œuvre fut présentée en 1964 pour la première fois, après  des aménagements architecturaux importants pour accueillir les 250 panneaux dans une salle en fer à cheval.

Cette composition de 600 m2 mètres déploie, de droite à gauche et sur deux registres principaux, l’histoire de l’électricité et de ses applications, depuis les premières observations jusqu’aux réalisations techniques les plus modernes. La partie supérieure est un paysage changeant dans lequel le peintre a disséminé ses thèmes favoris : voiliers, nuées d’oiseaux, batteuse, bal du 14 juillet. Le long du registre inférieur sont disposés les portraits de cent dix savants et inventeurs ayant contribué au développement de l’électricité. Mêlant la mythologie et les allégories à l’exactitude historique et à la description technologique, Dufy joue sur l’opposition des contraires. Au centre, les dieux de l’Olympe et les générateurs de la centrale électrique reliés par la foudre de Zeus ; la nature primordiale et les architectures ; les travaux, les jours et les machines modernes. Immédiatement à gauche du centre, Iris, messagère des dieux, fille d’Electra, vole dans la lumière, au-dessus d’un orchestre et des capitales du monde diffusant toutes les teintes du prisme. Des aplats de couleurs rouges, bleus, jaunes ou verts indépendants du dessin très souple, organisent et dynamisent cette composition virtuose. La méthode utilisée par Dufy permit une réalisation très rapide (dix mois depuis la conception), grâce à un médium mis au point par le chimiste Jacques Maroger qui rend en outre la matière picturale transparente, comme à l’aquarelle. Cette apparente facilité dissimule en réalité une importante innovation technique, de nombreuses recherches documentaires et un travail soutenu (modèles peints nus puis en costumes, dessins reportés au calque pour trouver la disposition des groupes ensuite projetés grandeur nature sur les panneaux à l’aide d’une lanterne magique).

Les donations Amos (1955) puis Henry-Thomas (1976, 1984, 1986) ont ensuite contribué de façon décisive à donner au musée son identité. Le musée a également bénéficié des dons de nombreux artistes.

 La Donation Amos
Mathilde Amos ( 1891- 1967), née Mathilde Simon était la veuve  du docteur Charles Amos (meurt en 1925), tous deux alsaciens fortunés. Dans les années vingt, elle commence une collection d’artistes contemporains et fréquente le monde de Montparnasse. Sa collection est riche de plus de 500 œuvres quand, ruinée, elle décide d’en faire la donation à la ville de Paris en 1955 en échange d’une rente et du maintien de sa collection à son domicile jusqu’à sa mort. Celle-ci intervient tragiquement en 1967 lors d’un  incendie qui ravage son appartement et où elle trouve la mort. Une partie des œuvres de sa collection est détruite, d’autres gravement atteintes, sont restaurées, une bonne partie indemne. Parmi celles-ci, quelques De Chirico, Raoul Dufy ( elle possédait le plus bel ensemble de Dufy qui périt dans les flammes) et Derain…

La donation Henry Thomas
Germaine Henry (1904-1997) et le professeur Robert Tomas (1900-1989) ont en plusieurs donations (1976, 1984, 1976) offert au  musée une grande partie de leurs collections. C’est sous l’appellation générique qu’elle apparaît  sur les cartels des œuvres du musée. Ces donations complètent les fonds fauve et cubiste, les enrichissent avec des artistes comme Herbin, Picabia, Kupka, renforcent la présence des artistes d’après-guerre abstraits ou figuratifs. Une salle lui est consacrée et les œuvres majeures sont intégrées dans le parcours des collections.

Donation du comte Emanuele Sarmiento
Né à Rome de parents colombiens d’origine italienne, il est  d’abord consul de Colombie en Italie puis dès 1914, s’installe à Paris  où il joue le rôle d’animateur et de mécène dans la communauté italienne de Paris.  Il est in acteur essentiel des manifestations italiennes de 1935 qui viennent couronner le rapprochement franco-italien des accords Laval-Mussolini. A la suite de la double exposition italienne  au Jeu de Paume pour le XIXe et XXe siècle et au Petit  Palais de la renaissance au XVIIIe siècle qu’il donne en 1936 cinquante-cinq  œuvres d’artistes italiens de l’aeropeinture futuriste comme Prampolini  au réalisme de de Pisis et à l’art néo-renaissant Maraini  et un ensemble plus européen de l’école de Paris. Une autre donation du comte Sarmiento eut lieu à Grenoble en 1933.

Par ailleurs, la Ville de Paris avait acquis dès 1937 des oeuvres majeures telle que La Danse de Matisse, Le Nu dans le bain de Bonnard, L'équipe de Cardiff de Robert Delaunay, La Rivière de Derain, Les Disques de Léger, l'Escale de Lhote, L'Oiseau bleu de Metzinger, quatre Portraits d'artistes de Vuillard, des meubles de Pierre Chareau, André Arbus, Jacques Emile Ruhlmann, etc., qui comptent encore parmi les chefs-d'oeuvre du musée, sans parler des grandes décorations de Robert et Sonia Delaunay, Albert Gleizes et Jacques Villon, acquises dans la mouvance (don du Salon des réalités nouvelles en 1939).

À partir d’une collection constituée autour de points forts (Bonnard, les arts décoratifs de l’entre-deux guerres, Delaunay, Dufy, Fautrier, Rouault, Étienne Martin...), le Musée d’Art moderne s’est enrichi de certains ensembles, illustrant des mouvements contemporains (Nouveau Réalisme, Arte Povera, Supports/Surfaces, Figuration Narrative, peinture allemande, jeune scène française…), en constituant des ensembles représentatifs de grandes figures de l’art contemporain et en soutenant la jeune création.

Extrait du catalogue "La Collection", Gérard Audinet

/ Informations pratiques

11 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Standard : 01 53 67 40 00
Service culturel: 01 53 67 40 80

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (fermeture des caisses à 17h15)
Nocturne, pour les expositions temporaires, le jeudi jusqu'à 22h (fermeture des caisses à 21h15).

Collections permanentes gratuites

Fermeture les jours fériés.

Métro Alma-Marceau ou Iéna
RER C Pont de l'Alma
Bus 32, 42, 63, 72, 80, 92
Station Vélib' 2 rue Marceau

Plus d’informations

Agenda du service culturel
Espace presse