Nu dans le Bain, constitue la plus iridescente des métamorphoses lumineuses parmi les cinq variations de Marthe dans la baignoire, témoignant aussi d’un corps à corps avec le « sujet » : « Marthe démembrée ou flottante dans la passivité d’une presque mort est l’héroïne de ses toiles les plus excitantes » écrit Linda Nochlin. Dans cette composition se multiplient comme dans une chambre d’écho les surfaces réfléchissantes (eau, peau mouillée, carrelage et reflet de la fenêtre, sol linoléum au motif en losanges) rythmées par les plans verticaux et horizontaux.
Le peintre crée le reliquaire flamboyant de la chair alanguie : le jaune solaire jouxtant les bleus plus froids et le violet, couleur en corrosion lente, au rendement différé, comme le remarque André Lhote, produisent cette impression de dissolution du corps dans la lumière ; à moins, au contraire, qu’elle en soit le révélateur en requérant pour le regard un nécessaire temps de pose, comme pour y retrouver l’éblouissement initial – sensation, émotion.