Journée de rencontres et d'échanges | Mel O'Callaghan | Pulse of the Planet Événement / Colloque
7h00
- Publics
- Adultes
- Personnes à mobilité réduite
- Tarifs
- Gratuit*
- *réservation préalable ci-dessous
- Adresse
- Salle Matisse - Niveau 3 du musée
- Heures
- Le :
Jeudi 5 février 2026 de 11h00 à 18h00
Dans le prolongement des questions abordées dans l'exposition d'Otobong Nkanga, le Musée d'Art Moderne de Paris invite Mel O'Callaghan à poursuivre la réflexion sur les relations entre l'humain et l'environnement.
Mel O'Callaghan, artiste australienne dont la pratique se déploie entre Paris et Sydney a imaginé une journée de rencontres, d'échanges et de workshops consacrés à l'exploration du vivant et du lien entre l'humain et la planète Terre. Lauréate du Prix Carta Bianca décerné à un projet interrogeant la notion de soin, l'artiste propose une méditation collective sur le rituel et le soin planétaire. Partant de l'enregistrement d'un battement régulier capté dans les profondeurs océaniques – The Pulse of the Planet – la journée rassemble autour des œuvres de l'artiste – films, œuvre sonore, performance – des chercheurs engagés sur les enjeux écologiques, des penseurs écoféministes et des théoriciens du son autour d'une question essentielle : quel sens donner à la pulsation de la terre ? Cette interrogation traverse les trois sessions de la journée dédiées successivement au souffle, aux rituels et à la vibration. Chacun de ces moments envisage l'humain et la nature dans une relation d'équilibre et de soutien mutuel - un espace où le monde naturel et les êtres humains coexistent dans la réciprocité, chacun nourri par la présence et la vitalité de l'autre.
La pratique artistique de Mel O'Callaghan, fondamentalement transdisciplinaire, mobilise une pluralité de médiums - film, performance, peinture, sculpture et dispositifs sonores. Ses œuvres partagent un fil conducteur commun : des méthodes de coopération avec des détenteurs de savoirs académiques et non académiques, incluant des savoirs locaux, ainsi qu’une attention portée au dépassement de soi. Elles s’inscrivent dans une dynamique reliant l’individu au collectif, et à un ordre élargi de relations. Cette dynamique se manifeste notamment par la mise en place de rituels contemporains, conçus comme des dispositifs performatifs de synchronisation, ou d’unisson, des agents humains et non humains à l’échelle planétaire.
Le programme de la journée :
Session 1 | Pulse of the Planet
11h–11h15 – Accueil et bienvenue
11h15–11h30 – Œuvre sonore
Session d’écoute de Pulse of the Planet — un enregistrement hydrophonique des profondeurs de la Terre qui capte le pouls de la planète. Cette immersion sonore met en lumière la vitalité rythmique de la Terre elle-même, révélant les vibrations cachées qui relient la perception humaine à la vie planétaire. Elle souligne la résonance intime entre le corps, le son et le monde vivant.
11h30–12h30 – Conversation | Géologie sonore
Discussion animée par Kathy Alliou, avec Mel O’Callaghan et Léa Bismuth.
Autour de Mel O’Callaghan, avec la curatrice Kathy Alliou et l’autrice et critique d’art Léa Bismuth, cette table ronde propose d’explorer les résonances artistiques, symboliques et scientifiques de l’expression Pulse of the Planet dans l’œuvre de Mel O’Callaghan.
12h30–13h30 – Atelier participatif autour du souffle
L’artiste Mel O’Callaghan et la psychologue chercheuse Dr. Sabine Rittner invitent les participants à une séance d'exploration du souffle et de la résonance du corps comme lieu d’écoute et de vibration. À travers une respiration partagée, l’atelier devient une expérience collective d’accordage, où le souffle relie le corps, l’esprit et l’environnement. Il ouvre un espace de conscience élargie des rythmes interdépendants qui unissent la vie humaine au pouls profond de la planète.
13h30–15h00 – Pause déjeuner
Session 2 | All is Life
15h–16h – Conversation | Rituel
Discussion participative animée par Jessica Castex, avec l’artiste Mel O’Callaghan, Devidas Gaonkar et Dr. Christine Guillebaud.
Les rituels liés à la Terre marquent bien plus qu’une célébration : ils servent à créer un passage et à changer d’espace et de temps. Des peuples à travers le monde développent des pratiques qui permettent de franchir ce seuil pour réaffirmer le lien de réciprocité entre l’humain et son environnement. À l’heure où les défis écologiques s’intensifient, ces traditions invitent à repenser notre rapport au vivant, entre héritage culturel, urgence climatique et expérience du sacré.
16h–16h45 – Projection film | All is Life
Projection d'une nouvelle œuvre vidéo explorant le Dhillo, un festival écoféministe célébré par les femmes Velip à Baddem, dans la forêt de Cotigao, à Goa, réalisée en collaboration avec le chercheur écoféministe et militant pour les droits des peuples autochtones Devidas Gaonkar. L’œuvre met en relation le geste, la voix et la terre comme éléments interdépendants, où tout — le son, la pierre, l’air — est perçu comme vivant. Chaque année, les femmes marchent pendant des heures jusqu’aux anciens hameaux forestiers situés au sommet des Ghâts, dans un bosquet sacré reculé et densément boisé connu sous le nom de Bhui Pann.
16h45–17h – Pause
Session 3 | In My Hands The Earth Trembles
17h–17h30 – Atelier participatif autour du son
Guidés par Sabine Rittner, au cours d’un atelier immersif de vingt minutes, les participants activent des diapasons accordés à la fréquence de la Terre, explorant la résonance, l’écoute profonde et la vibration partagée. Frappés à un rythme de 210 battements par minute, ces diapasons s’inspirent des recherches en EEG de l’anthropologue Felicitas Goodman sur les états de transe, approfondies par les études thérapeutiques de la Dr. Sabine Rittner. L’œuvre évoque le soin planétaire, le Symbiocène et une guérison incarnée, invitant à ressentir la Terre comme un organisme vibrant auquel le corps humain s’accorde.
17h30–18h00 – Performance | In My Hands The Earth Trembles | Lisa Myeong-Joo
Une œuvre vivante où les performeurs, vêtus de costumes ornés de cymbales, transforment leur corps en instruments de résonance.
Chaque geste met la vibration en mouvement, faisant résonner à la fois le pouls de la Terre et les battements du cœur humain.
La pièce instaure un dialogue viscéral entre le corps et la planète, révélant la force vitale commune qui les traverse et les fait trembler à l’unisson.
18h00 – Fin de la journée
Biographies
Mel O’Callaghan est l’une des artistes contemporaines Australiennes les plus reconnues. Saluée pour une pratique à la fois intellectuellement exigeante et profondément réfléchie, qui s’étend du film à la performance en passant par l’installation à grande échelle. Depuis 2007, elle vit et travaille entre la France et l’Australie, développant une oeuvre qui explore la capacité du corps et de l’esprit humains à transcender leurs limites, accueillir le changement et se transformer.
En 2026, elle présentera deux projets majeurs : un projet personnel au Musée d’Art Moderne de Paris, et sa performance la plus ambitieuse à ce jour, commandée par le Sydney Opera House.
Parmi ses expositions personnelles récentes figurent : Palais de Tokyo, Paris ; Esker Foundation, Calgary ; National Gallery of Victoria, Melbourne ; Museum of Contemporary Art and Design, Manille ; UQ Art Museum, Brisbane ; Le Confort Moderne, Poitiers ; l’Art Gallery of New South Wales, Sydney ; Carriageworks, Sydney ; Centre For Contemporary Art, Prague ; Samstag Museum, Adélaïde et Artspace, Sydney.
Elle a participé à de prestigieuses expositions collectives telles que le Centre Pompidou, Paris et Malaga ; Seoul Museum of Art SEMA ; Museu de Serralves, Porto ; MOCA, Toronto ; Bally Foundation, Lugano ; l’Institut d’art contemporain – IAC Villeurbanne ; la Daegu Biennale ; Noor Riyadh ; National Gallery of Australia, Canberra ; Busan Museum of Art ; 19e Biennale de Sydney ; Centro de Arte Santa Mònica, Barcelone ; Gillman Barracks, Singapour ; Witte de With Center for Contemporary Art, Rotterdam ; Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse.
Lauréate du Prix Carte Bianca, 2024 et du Prix SAM pour l’Art Contemporain, 2015, O’Callaghan a également fait l’objet de catalogues et monographies publiés par le Palais de Tokyo, Artspace, UQ Art Museum et Le Confort Moderne.
Kathy Alliou a dirigé de 2013 à décembre 2025 le Département des œuvres des Beaux-Arts de Paris, responsable de la collection Musée de France ainsi que des programmes d’exposition et de médiation. En dialogue étroit avec les artistes, elle conçoit des rencontres sensibles entre les œuvres d’hier et d’aujourd’hui et favorise les échanges entre scènes européennes, extra-européennes et diasporiques.
Son travail s’inscrit dans un large répertoire de projets artistiques — du commissariat d’exposition aux résidences de recherche — fondé sur la parole, la transmission et la circulation des idées, à travers colloques internationaux, séminaires, conférences et performances. Ses textes sont régulièrement publiés dans des catalogues et des revues. Curatrice engagée, elle développe des collaborations durables avec les artistes qu’elle accompagne.
Léa Bismuth est critique d’art, essayiste, commissaire d'exposition et titulaire d’une thèse de Doctorat en Théorie de l’art (EHESS, Paris). Elle a été curatrice d’une vingtaine d’expositions d’envergure (LaBanque/Béthune, Château de Montsoreau, Musée Delacroix, Rencontres d’Arles, le BAL, Drawing Lab, image-imatge, Les Tanneries, Le Palais de Tokyo…). Elle publie régulièrement dans la presse artistique spécialisée, des catalogues d’expositions, et le quotidien AOC. En 2022, elle a été lauréate de la Villa Albertine. Elle est l'autrice de deux ouvrages : "L'art de passer à l'acte" (PUF, 2024) et "Etoiles communes - vers une écologie cosmique" (Actes Sud, 2026). Elle est également enseignante en esthétique et histoire de l’art contemporain, et intervient très régulièrement en écoles supérieures d’art. Ses recherches actuelles portent sur les technologies contemporaines, les pratiques écologiques, et la pensée de Félix Guattari.
Devidas Gaonkar est membre éminent de la communauté adivasi Velip de Goa, cinéaste, écrivain et militant pour les droits des peuples autochtones. Il a été le principal collaborateur et chef opérateur du film All is Life, tourné dans son village de Baddem avec la participation étroite de sa communauté. Lauréat en 2022 d’une Junior Research Fellowship (JRF) attribuée par le Centre for Cultural Resources & Training (CCRT) du gouvernement indien, il mène des recherches sur le festival Dhillo, les pratiques écoféministes, le soin environnemental et la responsabilité rituelle. Parmi les premiers correspondants autochtones du réseau Video Volunteers, il documente les récits oraux, les droits tribaux, les savoirs écologiques et la mémoire culturelle. Rédacteur en chef du magazine Mand, il milite également pour la protection de la flore indigène dans la forêt de Canacona, à Goa.
Christine Guillebaud, anthropologue et ethnomusicologue, est chercheuse au CNRS et enseigne à l’Université de Genève. Ses travaux portent sur l’anthropologie du sonore, l’étude des ambiances urbaines et les politiques de gestion du bruit en Inde, où elle a mené des enquêtes de terrain de longue durée. Elle est l’initiatrice du programme MILSON (milson.fr), consacré à l’étude des environnements sonores dans leurs contextes socioculturels de production et de perception. Elle a dirigé l’ouvrage Toward an Anthropology of Ambient Sound (Routledge, 2017), codirigé Worship Sound Spaces. Architecture, Acoustics and Anthropology (Routledge, 2020), et Singing the Past (Paris-Nanterre, 2023). Elle a par ailleurs publié de nombreux livres et articles sur la création musicale, la multimodalité, les savoirs dansés, les politiques culturelles, l’humour sonore et la propriété intellectuelle, et a coproduit des séries thématiques pour Radio France Internationale.
Dr. Sabine Rittner est psychothérapeute musicale, thérapeute respiratoire et vocale, et psychothérapeute agréée. Elle est formée à la thérapie des traumatismes, à la thérapie systémique, à l’hypnothérapie clinique et à la médecine énergétique chamanique. Elle est spécialisée dans le travail avec les états modifiés de conscience, ainsi que dans la psychothérapie centrée sur le corps et la voix. Elle a travaillé pendant 35 ans à l’Institut de psychologie médicale de l’hôpital universitaire de Heidelberg en tant que conférencière, chercheuse, psychothérapeute et gestionnaire culturelle. Elle exerce actuellement dans son cabinet privé, anime des séminaires et donne des conférences. Elle est formatrice certifiée en Ritual Body Postures and Ecstatic Trance selon l’anthropologue et linguiste Felicitas Goodman.Elle a mené des recherches approfondies et publié 140 articles sur la recherche sur la conscience, le son, la transe, la voix, la musicothérapie et la dépression. Son manuel intitulé « Musicothérapie et dépression » paraîtra prochainement. Elle collabore étroitement avec Mel O’Callaghan depuis 2016.
Ce projet est soutenu par la Fondation pour les échanges culturels entre la France et l’Australie (FACEF), le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud par l’intermédiaire de Create NSW et le Prix Carta Bianca.
