Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Hubert Duprat

Pour la première fois en France, l’œuvre d’Hubert Duprat fait l’objet d’une rétrospective au Musée d’Art moderne de Paris. À travers divers ensembles, photographiques, sculpturaux et la réactivation d’œuvres monumentales, l’exposition retrace l’itinéraire de cet artiste français, né en 1957 et qui depuis bientôt quarante ans développe sa pratique à la manière d’un chercheur, plus doué pour la traque que pour la capture selon ses propres mots.

L’exposition rend compte des lignes de force d’une création aussi ouverte que labyrinthique qui fédère le monumental et la miniature, les lignes épurées et une virtuosité maniériste. Riche, exigeante et complexe, l’œuvre d’Hubert Duprat s’enrichit aussi du hasard et de l’empirisme. Inspirée par la découverte d’objets, de vestiges ou de textes, elle conjugue une mise à l’épreuve des matières, des techniques et des gestes.

L’artiste puise indifféremment dans la nature ou dans la manufacture des étrangetés minérales (pyrite, calcite, ulexite..), végétales (ambre), animales (corail) ou des matériaux industriels courants (polystyrène, béton, paraffine, pâte à modeler…). Les procédés, déplacés de leur domaine d’origine, proviennent en grande partie de l’artisanat comme la marqueterie, l’orfèvrerie, la tapisserie d’ameublement, mais également des arts populaires à l’exemple de l’art filaire.

La création d’Hubert Duprat s’appuie sur des artefacts, des objets de savoir issus de domaines aussi divers que les premières industries lithiques, les ruines antiques, le religieux ou le décoratif des XVIème et XVIIème siècles. Montrant l’ampleur d’une prospection anthropologique, l’exposition questionne ces objets qui font monde.

La question de l’atelier est un point d’origine dans la production de l’artiste. Il a donné lieu au début des années quatre-vingt à de multiples spéculations qui ont emprunté successivement la forme de camera obscura, de panneaux teintés et marquetés et de reconstitutions architecturales en béton. Une structure de ce type emboîtée dans l'un des espaces du musée semble défier les lois de l'apesanteur. Peu montrés depuis leur création, ces travaux occuperont une place centrale dans l’exposition.

Le mode de vie des larves de Trichoptères inspire à Hubert Duprat dès ses débuts une œuvre fondatrice. Observant les modes de construction de l’insecte qui bâtit un cocon avec des éléments prélevés dans son milieu aquatique, l’artiste pourvoit l’animal de paillettes d’or et de perles et lui délègue l’exécution d’étuis délicats.

Le parcours se poursuit dans les collections permanentes. Un espace accueille le Miroir du Trichoptère/The Caddisfly's Mirror. Fruit d'une recherche entamée au début des années 1990, l'ensemble réunit un fonds documentaire (ouvrages, périodiques, etc.), des gravures, des objets et des films.

Le Miroir du Trichoptère/The Caddisfly's Mirror est accessible tous les jours de 10 à 18 heures sauf le lundi. Le fonds documentaire est consultable sur place en présence d'un médiateur le samedi et le dimanche de 14 à 18 heures.

Ainsi le Musée d’Art Moderne de Paris propose avec cette exposition une vision synthétique d’une œuvre au long cours. Une production qui se déploie dans la durée, à distance des mouvements et des classifications et prend tout son sens dans l’exploration et la quête.

Une publication accompagne l’exposition. Elle réunit de nombreuses contributions de critiques et d’écrivains : Patricia Falguières, Fabien Faure, Anna Gritz, Pierre Senges, ainsi que Christian Besson, Nicole Caligaris, Noëlle Chabert, Martin Herbert, Bertrand Prévost, Natacha Pugnet et Roland Recht.. Largement illustré, cet ouvrage de référence propose une synthèse de la production de l’artiste associant reportage photographique de l’exposition et images inédites d’archives.

Commissaire : Jessica Castex

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