Cet accrochage s’inscrit dans une série d’hommages rendus par le musée à des artistes travaillant en France dont les oeuvres ont été peu exposées. Il fait suite aux présentations des oeuvres de Bernard Dufour (2008), de Jean Dupuy (2009), de Claude Garache (2012), de Pierre Henry (2013-2014) et de Raymond Mason (2014).

Cette présentation au sein des collections permanentes propose une traversée de l’oeuvre du peintre à la fois singulière et liée aux avant-gardes. Les toiles de Georges Noël sont parcourues de traits nerveux qui incisent une matière épaisse faite d’un mélange de sable et de pigments purs. Il travaille longuement la surface, superposant et effaçant sans cesse, reprenant le principe du palimpseste. Ses tracés renvoient autant à l’écriture qu’aux signes mystérieux des chamanes. Toute sa vie, il puise son inspiration dans la littérature et dans les rites des cultures archaïques.

Résistant pendant la guerre, puis dessinateur industriel, il se met à peindre seul et s’installe à Paris en 1956. Représenté par la galerie Paul Facchetti, il est marqué par l’art Informel, notamment les textures de Dubuffet, Brassaï ou Fontana. Il part en 1968 vivre à New York, où son oeuvre se radicalise et s’épure au contact des artistes du Hard Edge et du Minimalisme. A son retour à Paris après 14 ans, il reprend ses recherches informelles, néanmoins plus structurées, et les étend à la sculpture.

Volontiers nomade, il expose alors beaucoup en France (rétrospectives au Centre national des arts plastiques en 1985 et au Musée des Beaux-arts de Pau en 2007), en Europe et au Japon.