À la suite d’un don exceptionnel de la succession de l’artiste, 45 œuvres de Henry Darger ont rejoint la collection du musée d’Art moderne en 2012 et 2013. Montré pour la première fois lors de l’exposition Henry Darger  au musée  en 2015, cet ensemble a fait l’objet d’une restauration permettant de révéler au mieux la création dargerienne.

Au cours de sa vie, Heny Darger produit en secret une œuvre littéraire et picturale d’une ampleur exceptionnelle : un roman de plus de 15 000 pages. The Story of the Vivian Girls in What is Known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinian War Storm Caused by the Child Slave Rebellion (titre abrégé ici en The Story of the Vivian Girls in the Realms of the Unreal), l’occupe pendant presque trente ans (du début des années 1910 à la fin des années 1930). Cette épopée qui se déroule sur une planète imaginaire relate une guerre interminable ayant pour origine la rébellion d’enfants tenus en esclavage par les méchants Glandeliniens, que va combattre la nation d’Abbieannia, ralliée par d’autres nations chrétiennes, telle Angelinia. En parallèle, et surtout après l’écriture du roman, Darger transcrit sa saga dans des peintures dont les Vivian Girls sont les héroïnes. Sa première période picturale (1915-vers 1930) décrit sous forme de portraits les différents protagonistes (généraux de guerre, Blengins, drapeaux, etc.). La seconde période (vers 1930-1972) consiste en vastes panoramas narratifs recto verso (par souci d’économie de papier principalement), que Darger réalise à l’aide d’images issues de la culture populaire (presse, bande dessinée…) décalquées et recomposées selon d’infinies variantes.