Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Les FlammesL'Âge de la céramique

L’exposition Les Flammes. L'Âge de la céramique propose une immersion dans le médium de la céramique et associe plus de 400 pièces allant du néolithique jusqu’à nos jours, créant un dialogue inédit et fécond entre des typologies d’objets issus d’époques et de contextes variés, cherchant à déceler les influences autant que les coïncidences.

Source constante d’inspiration et d’expression pour artisans, artistes ou designers, la céramique – de keramos signifiant « argile » en grec - est l’une des plus anciennes manifestations culturelles de l’humanité, utilisée dès la préhistoire pour la confection d’idoles, d’architecture, et de contenants culinaires.

L'exposition Les Flammes présente ainsi des céramiques réalisées par des artistes ou des céramistes modernes et contemporains (de Jean Carriès, Georg Ohr, Paul Gauguin, Shoji Hamada, Bernard Leach, Marcel Duchamp, Meret Oppenheim, Pablo Picasso, Salvador Dali, Raoul Dufy, Lucio Fontana, Beatrice Wood, Ken Price, Ron Nagle, Cindy Sherman, Judy Chicago, Jean Girel, SimoneLeigh, Dewar et Gicquel, Theaster Gates, Mai Thu Perret, Takuro Kuwata, Natsuko Uchino…), des productions historiques signées (de Bernard Palissy, Marie Talbot, Dave the Potter, ou des Manufactures nationales), ou anonymes (vénus préhistoriques, vases grecs antiques, poterie vernaculaire), ou encore non européennes (poterie Nok, jarres Mochica, figures Tang, réticulés iraniens, rakusjaponais).

Trans-historique, cette exposition porte sur la céramique dans ses rapports intrinsèques à l’art et plus largement à l’humain. Longtemps minoré dans l’échelle des arts, ce médium peut être à la fois fonctionnel et sculptural et oblige à repenser les catégories existantes et les hiérarchies traditionnelles. Entre l’art, ledesign et l’artisanat, l’exposition explore ses rapports au décoratif, au culinaire, à la performance, mais aussi la multitude de ses applications dans les champs dumédical, de l’aéronautique ou de l’écologie.

Les Flammes aborde ainsi la céramique selon trois thématiques : les techniques (terres et cuissons, formes, décors), les usages (utilitaires, artistiques, rituels) et les messages (trompe-l’oeil, anticlassiques, politiques). Elle révèle également des pièces qui dérogent aux règles, réinventent les codes et bousculent les approches et ce, même si les recettes, proches de l’alchimie, n’ont quasiment pas évolué au cours de l’histoire.

Telle le Phénix qui renait constamment de ses cendres, la céramique exerce une fascination, croissante bien que cyclique, liée à l’imprédictibilité technique de la cuisson et du four qui ne se laisse jamais complètement apprivoiser. Sa tactilité, mais aussi sa rudesse, ont toujours inspiré des artisans, et ne cessent d’attirer les artistes depuis la fin du XIXe, ainsi qu’un large public d’amateurs en général.

Le feu, qui a inspiré le titre de l’exposition, est à la fois une donnée technique, d’où découlent des propriétés et des fonctions bien précises mais aussi des contre esthétiques spécifiques, ainsi qu’un imaginaire riche pouvant toucher à l’utopie radicale. Par bien des aspects, la céramique est un art de la résistance. La reconnaissance d’un « âge » de la céramique qui, étrangement, n’avait jamais encore été consacré, semble, aujourd’hui, plus que jamais, s’imposer.

Les Flammes s’inscrit, telle un troisième volet, dans la lignée des expositions Decorum (sur la tapisserie) et Medusa (sur les bijoux) organisées au Musée d’Art Moderne en 2013 et 2017 cherchant à repenser les définitions de l’art. Elle repose sur des prêts de nombreuses institutions et collections de renom, tant muséales (Sèvres - Manufacture et Musée nationaux, le Mucem, le Louvre, Arizona State Museum, etc.) que privées, et sur une collaboration avec des universitaires et théoriciens français et internationaux, dont les trois experts invités Frédéric Bodet, Thomas Golsenne et Stéphanie Le Follic-Hadida.

Un catalogue, avec des textes de plusieurs spécialistes et artistes, un colloque international autour du thème « céramique et politique », co-organisé avec la Société des Amis et le musée national de Sèvres ainsi que le Musée des Arts Décoratifs à l’Institut national d'histoire de l'art en janvier 2022, un espace de collecte, un programme d’ateliers et de démonstrations ainsi qu’un projet d’exposition en valise, à destination du public empêché, accompagnent l’exposition.

Enfin, le mobilier de la scénographie réalisée avec l’agence Cros/Patras, et la collaboration de Natsuko Uchino est à 80% recyclé et recyclable en signe de respect pour la Terre, médium premier de cette exposition.

Une sélection d’oeuvres, issue de la collection du musée, est aussi présentée au sein du parcours permanent, en écho à l’exposition.