1943
Huile sur papier marouflé sur toile
La Juive appartient à la série des Otages, datée de 1945 au moment de son exposition à la galerie Drouin mais en fait réalisée en 1943, marquant ainsi son engagement face à la barbarie de la guerre – il aurait été témoin auditif de fusillades et d’exécutions sommaires commises dans des bois près de Paris. Il continue « sa peinture de poisons dissolvants et destructeurs », comme le disait Tériade, qu’il appliquait aux corps des femmes. Mais ici, la décomposition n’est pas un artifice : le titre évoque le massacre, exécution, barbarie, où la femme n’est plus qu’un corps abandonné par la vie. Celui-ci, sans forme, rehaussé de quelques coups de pinceaux roses et bruns, s’étend sur un fond badigeonné de vert.